Je tends une toile de coton brute et serrée sur un gros châssis. Je l'enduis d'un apprêt appelé gesso; ensuite... Read More
Je tends une toile de coton brute et serrée sur un gros châssis. Je l'enduis d'un apprêt appelé gesso; ensuite je dessine des signes à l'encre et au crayon. Légers, délicats, subtils. Par-dessus, je repasse une nouvelle couche de gesso et à nouveau je parcours la toile avec des traces légères. Certaines bavent, se diluent, s'effacent, résistent. Je répète le processus plusieurs fois en terminant par de la peinture acrylique blanche sur laquelle je peux encore dessiner. Les signes sont sur la peinture, dans la peinture et derrière la peinture. Le médium pénètre légèrement la toile, la recouvre ou en est prisonnier. L'écran et mon intervention se mélangent en profondeur. Même si la surface est plus impactée. Il s'agit de transparences et de superpositions. Le grand format d'une toile presque blanche aux signes délicats et aériens peut donner une émotion paisible. Et s'approcher du tableau permet une introspection à la fois du travail et de soi-même. J'invite à regarder les détails qui se trouvent au-delà, plus loin, à l'intérieur du tableau. Il s'agit d'un travail d'intériorité. Personnellement, j'aime m'asseoir devant cette toile qui m'envahit d'une sorte de plénitude. Et j'aime, et c'est impératif, regarder de près ses détails et surtout chercher ceux qui sont un peu cachés et au loin. J'ai choisi le format carré, nombre d'or et pour ne pas avoir à décider du choix plus aléatoire de la longueur et de la largeur d'une verticalité ou horizontalité.