Invisible Flux II prolonge la recherche autour de la coexistence du visible et de l’invisible, envisagés non comme deux domaines distincts, mais comme des strates déjà superposées au sein d’un même espace.
Dans cette œuvre, l’encre se déploie en nappes diffuses et en zones denses, créant un champ où expansion et condensation coexistent. Les masses sombres, irrégulières et instables, suggèrent une concentration d’énergie, tandis que les zones plus claires révèlent des états de transformation en cours. L’image ne se fixe jamais totalement, mais demeure dans un état de tension entre apparition et disparition.
L’intervention du sel joue ici un rôle central. En entrant en contact avec l’encre encore humide, il absorbe l’eau et fragmente la matière, faisant apparaître des formes organiques, presque cellulaires. Ces traces lumineuses ne sont pas simplement des effets visuels, mais le résultat d’un processus de transformation interne, où la matière se reconfigure d’elle-même.
Ces formations évoquent à la fois des micro-organismes, des flux invisibles ou des structures en mutation, suggérant que ce qui est perçu comme une forme stable est en réalité traversé par des mouvements imperceptibles. L’image oscille ainsi entre le macroscopique et le microscopique, entre paysage et structure interne.
Dans ce contexte, la surface picturale devient un champ dynamique, où différentes forces — diffusion, absorption, tension — interagissent simultanément. Ce n’est pas une représentation du monde, mais un espace où se manifestent des processus invisibles.
L’œuvre met ainsi en évidence que ce qui apparaît comme une forme visible est toujours le résultat d’un ensemble de transformations invisibles. Elle propose de percevoir l’image non comme une entité fixe, mais comme un état en devenir, traversé par des flux, des traces et des énergies en constante mutation.