Vidéo - 5’13’’, couleur, son, HD 1080p
«Le trop célèbre et trop ressassé précepte de Wittgenstein, “Ce dont on ne peut parler, il faut le taire“, indique bien que, puisqu’il n’a pu en l’énonçant s’imposer silence à lui-même, c’est qu’en définitive, pour se taire, il faut parler. Mais de quelle sorte de paroles ?»
Maurice Blanchot, *La communauté inavouable*, Les Éditions de minuit, 1983
En Suisse, la mort et plus précisément la transformation physique et olfactive du corps mort est encore un sujet tabou. Lors des soins mortuaires, nous insérons du coton dans les orifices naturels du défunt. Nous le pomponnons, coiffons, maquillons et méchons afin de dissimuler son odeur, sa couleur cadavérique ou l’assèchement de ses yeux. J’ai la forte impression que la société nous incite à vivre la mort en surface.
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Video - 5'13'', colour, sound, HD 1080p
"Wittgenstein's all-too-famous and all-too-repeated precept, "What you cannot talk about, you must keep quiet about", clearly indicates that, since he was unable to impose silence on himself by stating it, it is because, in order to keep quiet, you have to talk. But what kind of words?"
Maurice Blanchot, *La communauté inavouable*, Les Éditions de minuit, 1983
In Switzerland, death, and more specifically the physical and olfactory transformation of the dead body, is still a taboo subject. During mortuary care, we insert cotton into the deceased's natural orifices. We pamper them, comb their hair, apply make-up and makeup to conceal their smell, the colour of their corpse or the dryness of their eyes. I have the strong impression that society encourages us to experience death on the surface.